18 BRUMAIRE : LE RETOUR
(Jacques Myard)

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Jacques MYARD
Membre Honoraire du Parlement
Maire de Maisons-Laffitte
Président du Cercle Nation et République
 

L’Histoire est-elle, comme le dit Shakespeare, un récit conté par un idiot, plein de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien ?

C’est possible et vraisemblable mais à l’évidence elle ressert parfois les plats .

Hier 9 juillet à Versailles on a entendu le Président de la République déclarer sans ciller qu’il entendait venir chaque année chapitrer les parlementaires et mieux encore qu’il demandera la modification de la Constitution pour répondre après son discours fleuve aux députés et sénateurs.

Est-ce là une avancée de la démocratie ? Que nenni !

D’ou vient la règle qui interdit au chef de l’Etat de s’adresser aux députés ? Du 18 Brumaire !

Le 18 Brumaire – 9 Novembre 1799 – à l’instigation de Sieyès les deux assemblées du Directoire sont priées de siéger au château de Saint Cloud – brûlé depuis par les Prussiens en 1870 – ce qui permit à Bonaparte de prendre le pouvoir en chassant les députés du Conseil des Cinq-Cents par la force et d’installer le Consulat.

C’est un coup d’Etat dont toutes les assemblées ont gardé le souvenir amer, et ont adopté une règle constitutionnelle restée intangible jusqu’à la réforme de Nicolas Sarkozy : le chef de l’Etat ne peut pas avoir accès à l’Assemblée nationale; il peut lui adresser un message lu sous la Vème République par le Premier Ministre et au Sénat par le Garde des Sceaux.

La réforme de N. Sarkozy est revenue en partie sur cette règle en autorisant le Président à s’adresser aux deux assemblées réunies en Congrès à Versailles.

Mais une fois son discours terminé, le President doit se retirer pour respecter le libre débat des parlementaires justifié par la séparation des pouvoirs.

C’est précisément ce qu’Emmanuel Macron veut modifier pour peser de tout son poids de chef d’Etat sur les parlementaires, à un moment où il propose de réformer de manière substantielle la Constitution en encadrant notamment le droit d’amendement… du jamais vu en République, cela rappelle étrangement le début autoritaire du second Empire !

C’est le retour du 18 Brumaire !

C’est bien là le sens de son discours fleuve d’hier plein de pathos, un discours de gouvernement.

C’était en réalité un discours de gouvernement qui a fait un mort : le Premier Ministre réduit au rôle de potiche ou de chef de cabinet et encore puisqu’il n’a plus de véritable cabinet lequel est pratiquement fusionné avec celui de Macron !

Tout cela serait risible, mais il s’agit de la Constitution et de l’organisation de la démocratie représentative.

Gardons en mémoire qu’après le 18 Brumaire sont venus le Consulat avec un premier Consul qui s’est auto-proclamé empereur avant de chuter …

L’Histoire est sans fin, elle peut bégayer et resservir les mêmes plats, mais une chose est certaine : l’Hubris du pouvoir conduit toujours à l’échec !

« Le ciel rabaisse toujours ce qui dépasse la mesure » Hérodote

…que l’on complétera à propos par l’adresse des soldats romains au général qui triomphe au Forum

 » Memento Mori  » !

Jacques Myard

 

 

 

 


 

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3 Commentaires

  1. pierre Lours dit :

    Être tout,  » en même temps », voilà une attitude enfantine où ce rêve d’omnipotence révèle l’impuissance fondamentale du petit d’homme en formation… en marche !

     
  2. L’Histoire de notre République compte de nombreux coups d’Etat. Depuis le départ du Général.
    – Coup d’Etat juridique avec la supra-légalité reconnue au profit de la CEE et de la CEDH par la Cour de Cassation et le Conseil d’Etat.
    – Coup d’Etat budgétaire avec le déficit permanent : clientélisme.
    – Coup d’Etat présidentiel avec la synchronisation des Législatives en aval de la présidentielle.
    – Coup d’Etat juridique avec l’adoption par le Congrès du Traité de Nice rejeté par referendum.
    – Coup d’Etat mediatique avec un CSA coopté, et aucune radio ni TV de Droite.
    – Coup d’Etat migratoire avec l’adoption par l’Etat des thèses no-borders de l’Open Society de G. Soros

     
  3. L’Histoire ne peut que faire des boucles car les hommes oublient l’Histoire au sommet de chaque boucle…

     

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